HomeGuide pratique du béton3.4 Transport, réception, transbordement et mise en place

3.4 Transport, réception, transbordement et mise en place

 

3.4.1 Transport

Le béton prêt à l’emploi doit être transporté et mis en place au plus vite après sa confection afin d’éviter des pertes de qualité suite à une ségrégation, une dessiccation ou à la prise. Le béton frais d’une consistance F3 à F5 (plastique à fluide) ne doit être transporté que dans des véhicules à cuve agitatrice (camion malaxeur). Il est possible de transporter des bétons frais avec une consistance raide (F1 et F2) avec des véhicules sans cuve agitatrice, mais il faut veiller à ne pas utiliser de cuve en aluminium. Les particules d’aluminium érodées peuvent réagir avec la pâte de ciment en formant de l’hydrogène gazeux (introduction d’air non désiré).

Pendant le transport, le béton doit être protégé de la pluie, de l’ensoleillement, des courants d’air, du gel, etc. Les mesures à prendre doivent être adaptées aux conditions climatiques ambiantes (couvrir le béton, augmenter la température du béton frais, etc.).

Dans le cas d’un transport par camion malaxeur, le béton, tout particulièrement le béton à air entraîné, doit être à nouveau malaxé une à deux minutes juste avant le déchargement.

En général, une modification de la recette du béton n’est pas admise en dehors de la centrale. Dans des cas particuliers, il est cependant possible d’ajouter de l’eau ou des adjuvants, à condition que ceci soit effectué sous la responsabilité du producteur, en vue d’amener la consistance à la valeur cible. Il faut veiller à ce que les valeurs limites prescrites ne soient pas dépassées et qu’on ait tenu compte de cet ajout d’adjuvant lors de l’essai initial. Toute quantité d’eau complémentaire ou d’adjuvant ajoutée dans le camion malaxeur doit être enregistrée dans tous les cas sur le bon de livraison. Il faut respecter la durée minimale de malaxage complémentaire figurant au tableau 3.2.1 (malaxage). Il important de noter que tout ajout d’eau complémentaire entraîne une réduction de la résistance à la compression et de la durabilité du béton (fig. 3.4.1). En cas d’utilisation de véhicule sans équipement de malaxage, on renoncera à toute modification de recette.


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Fig. 3.4.1: Effet d’un ajout d’eau, sur chantier, sur la résistance à la compression.

L’effet d’un ajout d’eau au béton après le malaxage en centrale est proportionnellement nettement plus néfaste pour les bétons à résistance à la compression faible (C20/25) que pour les bétons d’une résistance plus élevée (C40/50). Les propriétés spécifiées (résistance à la compression, durabilité) seront, dans tous les cas, toujours altérées.


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Tab. 3.4.1: Choix des consistances en fonction des moyens de transbordement.

3.4.2 Réception du béton

Sur le chantier, le responsable de chantier réceptionne le béton en contrôlant le bon de livraison et l'aspect du béton frais livré. Les contrôles de qualité à réaliser sur le chantier sont indiqués ici: assurance de la qualité.

 


3.4.3 Transbordement

Les consistances recommandées en fonction des conditions locales et des moyens de transbordement sur le chantier sont indiquées au tableau 3.4.1.

Lors d’un transbordement à la grue, on peut normalement exclure une ségrégation du béton. Lors du transport d’un béton plastique ou du pompage d’un béton frais dans une conduite, il faut veiller à ce que les bétons possèdent une bonne cohésion et ne libèrent pas d’eau. Il est ainsi possible de prévenir une ségrégation qui peut conduire à une obturation des tuyaux de pompage (béton pompé).

 


3.4.4 Mise en place

La composition du béton (consistance et diamètre maximal du granulat) doit être adaptée aux conditions locales du chantier (géométrie, distance entre les barres d’armature) et le volume et la cadence de mise en place. La mise en place du béton doit être réalisée à vitesse constante et par couches horizontales en respectant une épaisseur aussi égale que possible. Pour obtenir une compactabilité suffisante, la hauteur de remplissage ne doit pas dépasser 50 à 70 cm. En cas de hauteur de déversement supérieure à 2 m, le béton doit être mis en place à l’aide d’un tube de descente ou d’un tuyau de distribution, afin d’éviter toute ségrégation (fig. 3.4.2).

La vitesse de montée du béton à mettre en place est à choisir de telle manière à ce que le coffrage puisse résister à la pression du béton frais (voir fig. 3.4.3). Si possible, il faut éviter toute interruption de bétonnage, surtout en cas d’exigences particulières relatives à la qualité de surface (béton de parement).

La figure 3.4.3 illustre la pression du béton frais sur un coffrage vertical selon la norme DIN 18218 pour des bétons d’une classe de résistance C20/25, sans emploi de retardateur de prise. Elle est valable pour une fin de prise tE = 7 heures, c.-à-d.
  • pour des bétons avec une évolution de la résistance rapide selon la norme SN EN 206 et des températures de béton supérieures à 15° C, et
  • pour des bétons avec une évolution de la résistance moyenne et des températures de béton supérieures à 20° C.
Avant toute reprise de bétonnage, la surface du joint de travail doit être nettoyée des impuretés et particules libres et humidifiée pour obtenir une bonne adhérence du nouveau béton. Il est proscrit de bétonner sur des surfaces ou des armatures gelées, à moins de faire appel à des procédures particulières.

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Fig. 3.4.2: Mise en place du béton à l’aide d’un tube de descente pour réduire la hauteur de chute.

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Fig. 3.4.3: Pression du béton frais en fonction de la vitesse de montée et de la classe de consistance, respectivement détermination de la vitesse maximale de montée pour une pression de béton frais donnée, pour tE = 7 heures.



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